5e édition : le Boudoir des Reines

Janvier 2023

Pour cette édition, nous lisons dans les esprits pour dire la bonne (més)aventure. Place au cabinet dévoyé de voyance !

Ce Boudoir Infernal a été spécial, très spécial : nous accueillons pour la première fois une guest-star, Lady Syene. Grande, sublime, aussi blonde que Maîtresse Blanche est brune, notre chère amie a trouvé naturellement sa place dans L’Alambic. Ce soir-là, notre cabinet dévoyé a fait le choix de l’hyper-sélectivité : ce ne sont pas six soumis qui ont foulé son parquet mais seulement quatre, triés sur le volet.
Si notre soirée fut le Boudoir des Reines, ce fut aussi le Boudoir des chouchous…


LE SAVIEZ-VOUS ? 
Déjà infaillibles, les Maîtresses peuvent également devenir extra-lucides. 
Les preuves ? Elles prédisent l’avenir des petits soumis : “Toi, ton destin est de terminer à quatre pattes pendant que toi, tu seras fouetté !”,  leur tirent les cartes pour décider de leur sort, lisent dans leurs esprits comme dans un grimoire ouvert. Il y eut ainsi nombre de secrets dévoilés entre deux fous rires…

UN BOUDOIR, UNE SCÈNE
Un prisonnier attaché les bras en croix,
à deux pas devant lui, agenouillé le dos tourné pour ne pas le voir, un lanceur de cacahuètes qui reçoit une aiguille à l’endroit où il touche le prisonnier (“Impact sur téton gauche ! Impact sur flanc droit, juste sous les côtes !”),
un aspirateur humain en charge de la collecte des arachides (“à moitié en panne, l’aspirateur, car j’en retrouverai le lendemain aux quatre coins du Boudoir”, note de Madame Lule),
un poÈTE qui, à chaque impact de cacahuÈTE, doit se creuser la binETTE pour composer une rime en -ETTE, vite sous peine qu’on le fouETTE !,
quatre Maîtresses en joie avant la redistribution partielle des rôles : lanceur devient aspirateur, aspirateur devient poète, poète devient lanceur alors que prisonnier reste prisonnier, hard limite sur les aiguilles oblige. 

Jouer fort et absurde, oui, mais toujours dans le respect et la sécurité de chacun. Une belle devise de Reines, n’est-ce pas ?

Réunion au sommet, pour discuter du Boudoir.
De gauche à droite : Lady Syene, Maîtresse Blanche, Madame Lule, Inanna Justice.

TÉMOIGNAGE

Une fois encore, je tourne en rond sur cette place. Nerveux comme toujours avant de vous rencontrer. Encore plus, si c’est possible, à l’idée de me retrouver avec trois inconnus et vous quatre. 
Heureux, impatient, oui ! Mais nerveux ! J’avise deux personnes qui semblent aussi nerveuses que moi tourner à droite et à gauche sur cette place. Silhouettes qui se déplacent à chaque fois que je lève le nez de mon téléphone. Je repasse dans ma tête la liste des choses à préparer. J’ai bien ma feuille, mes résolutions, mon grigri, mes… et soudain une des silhouettes qui se matérialise devant moi ! 
– Bonjour ! Vous êtes là pour… l’infernal ?
– Oui oui ! 
– Je suis A* ! 
S’ensuit une discussion un peu irréelle ou j’apprend qu’A* connait Lady Syene et ou je l’informe que, bien que je connaisse les quatre hôtesses, c’est grâce à vous /Madame Lule/ que j’ai l’honneur d’être un des participants. On ne peut pas dire que cette discussion contribue beaucoup à nous détendre, mais elle est interrompue par un message qui lui demande de monter. 
A* s’évapore en une seconde. Quelques minutes après, c’est à mon tour de recevoir le message “Montez !”
Interphone, escalier, respiration profonde, frapper à la porte et ouf… me voilà face à Inanna qui m’accueille, brillant de mille cristaux dans sa tenue de voyante ! Quand je repense à ma première participation à un Boudoir Infernal et encore plus à la première fois que j’ai franchi cette porte, oui, je suis toujours mal à l’aise, oui, j’appréhende toujours, oui, je suis toujours nerveux mais je n’ai plus peur ! J’arrive à apprécier ce moment non plus dans la panique mais en savourant la mise sous pression ! 

Quelques salutations plus tard, nous nous retrouvons, M*, A* et moi, à genoux face à vous quatre. 
Rien de tel pour briser la glace que d’enlever et plier son pantalon d’une main tout en nous présentant ! Je soupçonne mes deux compères d’avoir volontairement évité de répondre “voyance” et “divination” au moment de deviner le thème de la soirée !  C’est donc moi qui suis chargé d’aller chercher H*, de le conduire dans le salon et de proposer une punition à la hauteur de son retard. Rarement présentations ont-elles été aussi brèves ! 
– Bonjour ! Je suis chargé de te conduire dans le salon ! Enlève tes chaussures, prends ta feuille ! Je dois aussi proposer une punition pour ton retard. Donc si tu as des limites, c’est le moment de me les dire ! 
– Bah euh… bonjour ! C’est-à-dire que je n’ai pas vraiment de limites !
Retour au salon donc… H* m’avait certes dit ne pas avoir de limites, mais je ne suis pas encore assez joueur pour avoir proposé qu’il soit sodomisé avec un piquet de bois et ses échardes ! *rires*
Après quelques (longues) secondes d’hésitations, je reviens à mon idée première. Ayant entendu Inanna dire qu’il avait reçu des injections dans les seins, je propose l’ajout de pinces à seins en guise de punition. Punition qui s’avérera effective, à la hauteur de son masochisme ! Nous devons maintenant deviner nos nombres fétiche en nous pinçant les tétons. Si j’avais pu prédire qu’un jour j’appliquerai la dichotomie pour deviner un chiffre en pinçant un téton ! Je soupçonne à son regard qu’à ce moment H* ne m’aime pas beaucoup mais je devine assez vite son chiffre fétiche en le pinçant plus ou moins fort et en lui demandant la douleur ressentie ! 
Nous annonçons nos cinq résolutions pour l’année. La glace est brisée, le rythme est sur le point de s’emballer ! Vient alors un tirage de cartes et j’hérite de la patience et du charisme sans trop comprendre pourquoi !

Pour mettre ma patience à l’épreuve, je me retrouve attaché les bras enchainés au-dessus de ma tête. C’est toujours un moment particulier : à ce moment-là je deviens impuissant physiquement. Seul le safeword me permet de stopper le jeu, plus question de partir en courant. Je savoure ce moment et la montée d’adrénaline qui va avec : bientôt vous pourrez faire de moi ce qu’il vous plaît ! 
Pincement, roulette, chatouille, claques sur les seins… patience…
Madame Lule me tourne autour, m’hypnotise. Pincement, roulette, chatouille, fessée, patience toujours ! 
Madame Lule, Inanna, Madame Lule, Maitresse Blanche, Madame Lule !
Pincement, roulette, chatouille, verges sur les fesses. Les endorphines, la patience… Ai-je besoin de patience ? J’y passerais la nuit ! 
Madame Lule à nouveau, puis Lady Syene. J’ai la sensation de deux félines qui s’emparent de mon cerveau. Je suis hypnotisé pour de bon. Mon cerveau s’est arrêté et rien, même le martinet, ne fera venir les rimes en “ette”. 
Pendant tout ce temps d’autres jeux se sont déroulés autour de moi, je les ai vus du coin de l’oeil. J’ai vu A* et M* se débattre dans des cordes, attachés l’un à l’autre, j’ai vu des godes voler à travers la pièce ! J’ai entendu des fessées, des rires, des bruits sourds sur le parquet, des cris, des gémissements de douleur ou de plaisir. J’ai même vu un verre d’urine bu à une vitesse folle ! 
Le manche du martinet toujours entre les dents, je vois Madame Lule revenir vers moi avec ce sourire annonciateur de tourments ! Les cartes conditionnent la suite du jeu. Elles contrarient ses intentions, la font rire, me font rire !  Elles décident six coups de cravache que Madame Lule donne avec plaisir et que reçois avec non moins de plaisir ! À défaut d’avoir démontré mon charisme, j’ai surement prouvé ma patience et Madame me délivre. S’ensuit un moment ou Maitresse Blanche s’emploie à me faire revenir parmi vous. Elle stimule mon cerveau en exigeant des rimes ! Je m’exécute sans grand succès mais ça m’aide à atterrir !  Lorsqu’Inanna propose des jeux d’aiguilles, c’est donc en pleine conscience que j’accepte pour une première fois.

Le jeu est simple. Nous lançons chacun des cacahuètes pour déterminer ou l’aiguille sera plantée. L’un après l’autre nous recevons cinq aiguilles. Le rituel, que je connais trop bien, se déroule. Alcool, compresse, gants, aiguille. Et puis la piqure, sensation la encore un peu trop connue ! Quelque part entre la prise de sang, la perfusion et l’injection. 
Le sourire d’Inanna, sa concentration, ses yeux qui brillent à chaque aiguille. Vos sourires et vos rires à toutes. Vos coups d’œil vigilants, aussi, pour évaluer ma réaction. 
Tout ça m’a permis de changer de perspective. J’ai quitté l’univers médical trop connu et je suis revenu au Boudoir Infernal pour savourer ce moment calme auquel Inanna prenait visiblement plaisir !  J’y ai donc pris plaisir à travers vous et c’était très satisfaisant. Comme je l’ai dit en conclusion, les aiguilles n’étaient pas une limite et n’en sont pas devenues une.  Je saurai à l’avenir “basculer” plus vite. 
Les fouets entrent alors en scène. Inanna fouette M*. Les voix se taisent et je perds la mienne, fasciné par la scène. Madame Lule me demande si j’ai envie d’essayer le fouet. Oui, j’ai envie, mais je ne me sens plus prêt à vivre d’autres sensations fortes. 
Maîtresse Blanche et Lady Syene fouettent tour à tour H* et A*. Et moi, je reste près de ma Maîtresse. La scène est belle, intense, envoûtante, chacun dans son monde mais tous dans le même. Je ressens une émotion rare et puissante en observant cette scène à ses cotés. Pudeur imbécile qui me fait retenir mes larmes ou plutôt qui me fait les dissimuler. Je peine à expliquer ce que j’ai ressenti à ce moment. J’en frissonne encore aujourd’hui.

Il est l’heure d’entamer la descente. Essayer de se souvenir des résolutions des autres dans la “chouette de cristal” tout en massant les pieds d’Inanna et de Madame Lule. Se délecter de vos résolutions et de vos projets à toutes. Dresser un bilan à chaud. Et enfin, se rhabiller, nettoyer, boire, discuter tout ce qu’il faut pour revenir au monde réel et partir sereinement ! 

Tenté de participer ?